Quand les besoins en refroidissement dépasseront les besoins en chauffage

L’Université de Birmingham a organisé les 18 et 19 avril son premier congrès mondial consacré au « refroidissement propre ». Lors du déroulement de cette conférence, les experts ont débattu sur les différentes stratégies à mettre en place pour faire face à l’augmentation des systèmes de refroidissement.

La consommation de l’énergie de refroidissement, dans le monde

L’an dernier, la planète a consommé aux alentours de 3 900 TWh d’énergie pour des activités de refroidissement. Il s’agit surtout de la climatisation dans les habitations et bureaux d’entreprises, ou d’un maintien d’aliments et de médicaments au frais. Cela représente 3% à 4% de la consommation finale d’énergie selon Toby Peters, professeur à l’Université de Birmingham.

Toujours selon le professeur, d’ici à 2050, le secteur du refroidissement représentera une consommation de 7 500 TWh. Ce qui équivaut à un taux compris entre 6,4 et 10 % de la consommation d’énergie totale. Et ce, malgré tous les efforts mis en place pour améliorer l’efficacité des équipements énergétiques.

La Terre se réchauffe, et les besoins en refroidissement vont augmenter : ils devraient dépasser les 90 %, d’ici les 30 prochaines années. Cela constitue donc un challenge pour les réseaux énergétiques qui doivent mettre en place d’autres stratégies, pour lutter contre le réchauffement climatique.

Aujourd’hui, près de 3,6 milliards d’appareils de refroidissement sont utilisés, avec pour une toute petite partie, une grille de protection de climatisation. Les scientifiques estiment à 9,6 milliard d’appareils en activité d’ici 2050. Les dispositifs de refroidissement dépasseront donc ceux du chauffage…

Un souci principal : cette augmentation de la consommation d’énergie participe au réchauffement climatique et ce dernier renforce les besoins en refroidissement. Le but de ce congrès est de trouver des solutions pour lutter contre ce cercle vicieux.

La consommation d’énergie et ses émissions dans l’atmosphère

Selon Toby Peters, les émissions de CO2 rejetées par les équipements de refroidissement proviennent de fluides frigorigènes catégorisés HFC. Ils représenteraient environ 20 à 25 % de ces émissions de gaz à effet de serre. De ce côté, le progrès est en marche : l’amendement de Kigali au protocole de Montréal approuvé en octobre 2016, prévoit l’abandon de manière progressive de ces fluides sur l’ensemble du monde.

Les scientifiques souhaiteraient une augmentation du budget pour la recherche et le développement consacrés au refroidissement. Cet argent leur apporterait une aide financière non négligeable pour innover dans ce domaine.

Les autres émissions dites « indirectes » qui sont de l’ordre de 75 à 80 %, sont dues à la consommation d’énergies des équipements. Si nous ne changeons pas nos stratégies, les émissions de gaz à effet de serre augmenteront jusqu’à atteindre 6,5 milliard de tonnes d’équivalent CO2 par an, à l’horizon 2050, dixit Toby Peter, et ce, malgré toutes les mesures d’amélioration prises au niveau de l’efficacité énergétique.

Il a été évoqué de trouver d’autres solutions à l’énergie verte et à l’efficacité énergétique.

Le refroidissement de la chaîne alimentaire, un enjeu important

Lors de cette conférence, les scientifiques ont mis le doigt sur un problème majeur. En effet, le débat sur le réchauffement climatique ne prend pas en compte le refroidissement de la chaîne alimentaire.

Près de 200 millions de tonnes de nourriture sont perdues tous les ans, à cause d’un cruel manque d’équipements adaptés. La plupart des équipements actuels ne permettent pas un refroidissement optimal des aliments au niveau du transport et de l’entreposage dans certaines parties du monde.

D’autres congrès et tables rondes auront lieu au niveau international pour réduire l’impact de la consommation énergétique sur l’environnement.

 

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